Avances de frais faramineuses, restes à charge injustifiés, surcoûts financiers, exclusion des agents français de droit local et silence radio des services de la Mutuelle : sur le terrain, la prise en charge médicale des personnels en poste à l’étranger a atteint un seuil critique.
La CFDT-MAE tire la sonnette d’alarme et interpelle directement le Ministère et la MGEN.
L’avenant sur le « panier étranger », une avancée au goût amer et un coût pour les agents :
Grâce à la mobilisation massive de notre pétition intersyndicale (près de 2 800 signatures dans 150 pays), nous avons contraint l’administration et la MGEN à revoir leur copie. Mais le compte n’y est pas.
Si le vote d’un retour à une prise en charge à 100 % des hospitalisations et maternités évite un blocage dramatique des situations d’urgence, cet avenant comporte des contreparties et des carences inacceptables.
- L’exclusion scandaleuse des agents contractuels de droit local français (ADL) : il est parfaitement inadmissible et choquant que nos collègues sous contrat de droit local soient sciemment écartés de ce dispositif de protection sociale complémentaire. Travailler côte à côte au service de la France à l’étranger impose une équité de traitement et une couverture digne pour toutes et tous, sans distinction de statut !
- Un surcoût direct pour les agents : cette couverture à 100 % s’accompagne d’une hausse des cotisations (+7 € par mois et par adulte, +3 € par enfant). Les personnels doivent payer plus pour obtenir des garanties qui étaient auparavant de droit !
- Des plafonds insuffisants : la couverture MGEN plafonne à 300 000 €, là où d’autres ministères (comme le ministère des Armées via Unéo) offrent une protection approchant le million d’euros.
- L’abandon des plus vulnérables : l’exclusion persistante des Affections de Longue Durée (ALD) du dispositif de prise en charge intégrale laisse sur le côté nos collègues confrontés aux pathologies les plus lourdes.
- Le recours obligatoire au réseau d’hôpitaux partenaires de la MGEN International limite drastiquement la liberté de choix des praticiens et des soins. Or, ce réseau s’avère très restreint : dans certains pays, plusieurs spécialités médicales en sont absentes, et l’éloignement géographique représente un obstacle majeur pour les agents affectés hors des capitales.
Pour la CFDT-MAE, ce vote n’était qu’une étape d’urgence : nous ne cautionnerons pas une PSC dégradée sous prétexte d’ajustements cosmétiques.
Dysfonctionnements de la Mutuelle. Quand l’inertie administrative met des vies en danger :
Au-delà des insuffisances du contrat, la réalité quotidienne du service International de la Mutuelle est devenue un véritable parcours du combattant pour les agents et leurs familles.
Servir la France à l’étranger ne doit jamais signifier mettre sa santé ni sa vie en danger ou s’endetter pour se soigner.
Les témoignages qui nous parviennent du réseau illustrent une détérioration intolérable du service :
- Des agents sont contraints d’avancer plus de 10 000 € de frais médicaux, laissés sans remboursement depuis des mois et sans aucune visibilité.
- Les accès au portail MGEN International ne sont pas transmis ou restent bloqués, rendant impossible l’identification des établissements conventionnés dans le pays de résidence.
- Les demandes relatives aux ALD, suivis oncologiques ou parcours de santé lourds restent sans réponse pendant des semaines, poussant des collègues à reporter des interventions indispensables.
- Des situations graves et urgentes sont traitées avec désinvolture par la Mutuelle mettant en danger la vie de nos collègues souffrants.
Témoignage d’un collègue : « Comment faire lorsque l’on doit subir une opération urgente dans un pays où les frais médicaux sont exorbitants, et que la mutuelle ne répond plus à aucun message ? »
La CFDT-MAE exige des actes immédiats !
Lors de son intervention du 5 octobre devant le Secrétaire général du MEAE, notre Secrétaire générale l’a rappelé sans détour : il n’est plus acceptable d’exiger de nos collègues qu’ils avancent des sommes astronomiques ou qu’on les laisse sans solution face à des urgences médicales.
Face à cette double peine, un contrat sous-dimensionné et une gestion défaillante, la CFDT-MAE exige :
- Le déblocage sous 48h de tous les dossiers en attente impliquant des pathologies lourdes, des ALD ou des interventions programmées.
- L’apurement immédiat des remboursements en retard pour stopper l’endettement forcé de nos collègues à l’étranger.
- La transmission automatique des accès et identifiants aux espaces MGEN International dès la prise de poste.
- Une prise en charge d’urgence efficace, sans blocage administratif, sur les réseaux de soins à l’étranger, y compris dans les établissements non conventionnés quand la situation l’impose.
- La réouverture de négociations pour un panier réellement protecteur.
Pour une PSC digne de TOUS nos agents à l’étranger :
La santé des agents et de leurs familles n’est ni une variable d’ajustement, ni une option administrative.
En portant ces constats sur la place publique, la CFDT-MAE rappelle au Ministère sa responsabilité de protection envers ses personnels. Nous ne relâcherons pas la pression face aux responsables de la PSC et de la MGEN tant que des garanties de service réactif, humain et efficace ne seront pas appliquées sur le terrain.