
Nous, agentes et agents du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger relevant du dispositif de protection sociale complémentaire (PSC), en poste à l’étranger comme en administration centrale, en avons assez : la réforme de la PSC était censée constituer une amélioration par rapport au système antérieur. Or force est de constater que la qualité du service s’est fortement dégradée.
Depuis la mise en place du nouveau dispositif de protection sociale complémentaire, nous rencontrons des difficultés importantes dans le traitement de nos demandes de remboursement de soins de santé auprès de la MGEN.
Les remontées sont nombreuses et convergentes :
- des restes à charge de 10% très élevés dans certaines situations, notamment en cas d’hospitalisation ou de maternité à l’étranger, qui représentent parfois plusieurs milliers, voire dizaines de milliers d’euros. Certains agents indiquent reporter ou renoncer à des projets de parentalité ;
- des délais de remboursement anormalement longs, en particulier à l’étranger, souvent supérieurs à plusieurs mois, avec pour conséquences des situations individuelles critiques ;
- des contraintes techniques et administratives inadaptées aux réalités des postes à l’étranger (limitations dans le dépôt des demandes, complexité des pièces justificatives, multiplicité des interfaces…), qui compliquent les remboursements et nous placent dans des situations financières difficiles ;
- des difficultés d’affiliation des ayants droit, ainsi que des problèmes récurrents de non-reconnaissance de la carte vitale et d’accès au tiers-payant ;
- des difficultés à joindre les services compétents et à obtenir un suivi effectif des dossiers ;
- un manque de visibilité sur l’état d’avancement des demandes, nous obligeant à multiplier les relances ;
Ces dysfonctionnements suscitent de fortes inquiétudes et nous mettent en difficulté, nous et nos familles. Ils sont d’autant plus graves que nous exerçons nos missions dans des pays aux contextes sécuritaires et sanitaires parfois dégradés, voire en situation de conflit, ou encore où l’accès aux soins est limité et les coûts médicaux particulièrement élevés.
Le dispositif PSC étant obligatoire pour nous depuis le 1er janvier 2026, il implique en contrepartie un niveau de service conforme aux engagements contractuels. Nous devons nous rendre à l’évidence : ce niveau de service n’est pas aujourd’hui au rendez-vous. Nous rappelons que la mise en œuvre de la PSC engage à la fois l’opérateur MGEN et l’État employeur.
En conséquence, nous demandons avec la plus grande force :
- une révision du contrat sur la question du reste à charge de 10% du panier étranger en cas d’hospitalisation, de maternité et de situations médicales lourdes, afin de rétablir une prise en charge intégrale comme c’était le cas auparavant, sans surcoût pour les agents. Cette prise en charge intégrale doit être appliquée de manière rétroactive aux situations intervenues depuis le 1er janvier 2026 ;
- la réduction rapide et significative des délais de remboursement ;
- la sécurisation des situations les plus sensibles (hospitalisations, maternité, situations d’urgence), notamment en limitant les avances de frais, et en prévoyant leur suppression en cas d’accident du travail ;
- la mise en place de modalités de traitement adaptées aux spécificités des agents à l’étranger (souplesse dans les dépôts, simplification des exigences administratives, amélioration des outils numériques) ;
- le renforcement des dispositifs de contact, incluant la mise en place d’interlocuteurs clairement identifiés, accessibles par téléphone et par messagerie et formés aux spécificités de nos conditions d’exercice, en capacité de traiter effectivement et efficacement les dossiers, avec des circuits dédiés pour les agents en France et pour ceux en poste à l’étranger ;
- la simplification des procédures de remboursement et une clarification des circuits entre les différents acteurs, afin de mettre fin aux situations de réponses contradictoires et aux renvois entre services, qui placent les agents dans des impasses administratives kafkaïennes ;
- la mise en place d’un suivi transparent des demandes, permettant aux agents de connaître l’état d’avancement de leurs remboursements ;
- la mise à disposition d’une information claire, accessible et opérationnelle sur les démarches à effectuer, incluant des guides pratiques adaptés aux différentes situations (France/étranger), afin de permettre aux agents de comprendre et suivre simplement leurs demandes ;
- enfin, l’organisation, dans les meilleurs délais, d’une réunion avec la MGEN, le ministère et les organisations syndicales représentatives, afin de présenter un plan d’action correctif concret, chiffré et suivi dans le temps.
Dans l’attente d’améliorations concrètes et rapides, nous exprimons collectivement notre mécontentement profond et notre lassitude face à une situation qui dure et appelons à des mesures immédiates.
Signez la pétition pour faire entendre votre voix et obtenir des mesures concrètes ! (*)
(*) vous êtes déjà 800 agents à avoir signé cette pétition et nous vous en remercions.