A – La CFDT-MAE est intervenue le 3 novembre au Comité social d’administration centrale pour revendiquer la revalorisation indemnitaire des contractuels de droit public de catégorie C :
Actuellement, l’Indemnité d’administration et de technicité (IAT) cersée aux contractuels en CDI de catégorie C est bloquée à 377 € par mois. Face à cette situation, l’administration oppose une fin de non-recevoir, arguant que l’absence d’enveloppe disponible pour des marges catégorielles rend toute revalorisation » de l’IAT non envisageable à court terme.
La CFDT-MAE dénonce ce gel persistant des primes, alors même que ces agents de catégorie C subissent le plus durement les effets de l’inflation. Justifier ce blocage par des contraintes budgétaires globales revient à faire peser l’effort d’économie exclusivement sur les personnels les plus modestes de l’administration centrale, une situation innacceptable.
Cette absence de perspective de revalorisation catégorielle dévalorise l’ensemble des fonctions support de catégorie C et envoie un signal très négatif quant à la considération portée à ces agents contractuels de première ligne.
B – La CFDT-MAE est également intervenue le 3 novembre au Comité social d’administration centrale pour exiger la mise en œuvre immédiate d’une série de mesures concrètes visant à réévaluer objectivement les rémunérations des agents contractuels de droit public en CDI à la hauteur des responsabilités réellement assumées :
La CFDT-MAE salue l’aboutissement du travail de convergence des rémunérations entre fonctionnaires et contractuels de droit public en administration centrale. C’est une mesure juste que notre organisation syndicale portait parmi ses revendications prioritaires pour garantir l’équité au sein du MEAE.
De même, nous saluons la revalorisation des groupes d’IRE des contractuels à l’étranger, obtenue à la suite de notre alerte solennelle au CSAM de juin 2025. Cependant, la convergence reste incomplète, et nous déplorons que l’administration reconnaisse que ce travail ne sera pas achevé à l’étranger en 2026, faute de moyens budgétaires.
Si l’administration affiche une volonté de convergence, comment vérifier son application si les règles du jeu restent floues ?
En effet, lors de la transformation d’un CDD en CDI, la note indique que la rémunération est convertie en traitement indiciaire et primes « à l’aide d’une formule de calcul ». Or, cette formule de calcul n’est nulle part expliquée ni détaillée dans le document présenté. Qu’il s’agisse d’un choix délibéré de la part de l’administration ou du présupposé que les représentants du personnel ne sauraient en comprendre la technicité, ce manque de transparence n’est pas acceptable. Pour que la convergence salariale annoncées soit crédible, les formules de calcul qui déterminent les rémunérations doivent être publiques et vérifiables par tous.
Cette opacité a des conséquences très concrètes sur les carrières des agents contractuels de droit public au MEAE. Au delà des formules mathématiques, c’est la réalité même du travail des agents qui est, dans de nombreux cas, sous-évaluée. Sur le terrain, nous constatons un décalage récurrent entre le contenu des contrats et la réalité des missions et responsabilités exercées.
Trop d’agentes et d’agents, exerçant depuis plusieurs années, assumant des fonctions d’encadrement, de représentation et de coordination sur des activités à forte responsabilité, restent rémunérés sur la base d’une fiche de poste initiale sous-évaluée. C’est au moment du passage en CDI que des incohérences apparaissent entre l’intitulé contractuel du poste et les missions réellement exécutées au quotidien, avec pour effet des écarts de traitement significatifs par rapport à des postes équivalents ou à des agents récemment recrutés sur des fonctions similaires.
La CFDT-MAE estime que la mise en conformité des contrats lors de la cédéisation doit être l’occasion de réévaluer objectivement les rémunérations à la hauteur des responsabilités réellement assumées.
Par conséquent, nous demandons à l’administration :
- une communication claire et détaillée de la formule de calcul servant à déterminer la répartition entre traitement indiciaire et primes lors de la cédéisation ;
- une révision méthodique des fiches de poste au cas par cas des agents contractuels afin qu’elles reflètent leur activité et responsabilités réelles ;
- l’application de revalorisations équitables lorsque des distorsions salariales ou des sous-évaluations sont constatées ;
- enfin, une transparence accrue sur l’ensemble des critères d’évaluation et de fixation des rémunérations pour l’ensemble des personnels contractuels, en administration centrale comme à l’étranger.
C – La CFDT-MAE est également intervenue le 3 novembre au Comité social d’administration centrale pour dénoncer la précarité des contrats et des recrutements en CDD :
Le recours massif aux CDD (85 % des 257 recrutements externes à la DGM) est assumé par l’administration, qui refuse d’aller au-delà des critères de cédéisation publiés, invoquant « l’évolution constante des besoins du MAE et des filières en tension ». En parallèle, la DNUM fait face à 17 postes vacants, notamment des architectes logiciels et chefs de projet.
La CFDT-MAE dénonce ce recours massif aux contrats courts, qui entretien une précarité structurelle sur des missions pourtant permanentes. Justifier le maintien de 85 % de CDD, en particulier pour des fonctions de rédacteurs ou de conseillers politiques, qui représentent près des trois quarts des contractuels, par l’évolution des besoins fragilise la continuité du service public. Des besoins chroniques ne relèvent pas d’une souplesse conjoncturelle, mais d’un besoin structurel de compétences.
Par ailleurs, maintenir des freins à la pérennisation des contrats et dégrader les conditions d’emploi envoient un signal négatif sur le marché du travail. Cette situation nuit à l’attractivité du ministère et aggrave directement la vacance des postes, à l’image des 17 postes non pourvus à la DNUM.