En préambule, la CFDT-MAE exprime toute sa gratitude aux 36 agents – représentant 40 % des effectifs du Ministère affectés à La Courneuve – qui ont répondu à notre questionnaire visant à mieux appréhender la perception des personnels sur leur qualité de vie et leurs conditions de travail et recueillir ainsi leur avis sur le cadre et l’environnement professionnel de ce site.
Sommaire de l’enquête
- Le site de La Courneuve fête ses dix-sept ans !
- Des répondants aux profils variés et représentatifs
- Une durée moyenne d’affectation relativement élevée
- Une organisation du travail jugée satisfaisante
- Des conditions matérielles qui répondent plutôt bien aux attentes des agents
- Des avis divergents sur le restaurant administratif
- La situation ubuesque et chaotique des transports en commun
- Un quartier peu apprécié par les agents
- Une charge de travail considérée comme lourde ou excessive par la moitié des agents
- Un manque de souplesse dans l’utilisation du télétravail
- Une opinion divisée sur l’équilibre entre vie privée et professionnelle
- Une satisfaction binaire des conditions de travail qui se reflète dans le choix professionnel des agents pour leur avenir
- Bilan de l’enquête : la CFDT-MAE tire la sonnette d’alarme et propose des solutions à mettre en œuvre !
Le site de La Courneuve fête ses 17 ans !
A l’origine conçu pour pallier la saturation des locaux du Quai d’Orsay et leur inadaptation à la conservation et à la communication des archives diplomatiques, le choix du site de La Courneuve a également constitué une décision politique visant à contribuer à l’aménagement du territoire en Seine-Saint-Denis.
En février 2009, les premiers services s’y installent : la direction des archives, le service des affaires immobilières, le standard téléphonique et la « hotline », soit au total 250 personnes. Si ultérieurement l’administration envisage d’y transférer le service de la valise diplomatique, le projet est finalement abandonné, au profit de Châtillon.
Le bâtiment comprend un espace de 150 kilomètres linéaires de stockage, des ateliers de numérisation, de reliure et de restauration ainsi qu’une salle de lecture, une salle pour la consultation des microfilms et des archives sonores de même qu’une salle dédiée aux inventaires et aux usuels.
Dix-sept ans plus tard, on y retrouve la Direction des Archives, des services de la DIL (mission de la proximité avec les usagers en Ile-de-France et secteur du bureau des affaires financières) et la DNUM (hotline tenue par le prestataire SCC).
Conscient des problèmes spécifiques qui existent sur ce site dès l’origine, notre syndicat a souhaité réaliser une enquête objective et détaillée pour mieux recenser les difficultés auxquelles font face les personnels au quotidien, mais également lister les atouts dont dispose la Courneuve, un site ouvert au public et aux chercheurs mais qui se sent isolé et même parfois abandonné.
Des répondants aux profils variés et représentatifs
- 55 % sont des hommes, 42 % des femmes et 3 % se définissent autrement.
- 81 % des répondants sont des titulaires ou assimilés et 19 % des contractuels de droit public.
- 53 % des agents ayant répondu au questionnaire sont de catégorie A, 8 % de catégorie B et 39 % de catégorie C.
Cette répartition des personnels ayant participé à l’enquête reflète bien la composition par catégorie des agents affectés sur le site de la Courneuve (à ceci près qu’il existe une légère sur-représentation des agents de catégorie A et une très légère sous-représentation des catégories B et C parmi les répondants).
Une durée moyenne d’affectation relativement élevée
Si 11 % des répondants sont affectés à la Courneuve depuis moins d’un an et un tiers des agents le sont entre 1 à 3 ans, à l’inverse 17 % des agents travaillent sur le site depuis 4 à 6 ans et même, pour 36 % d’entre eux, depuis plus de 6 ans.
Une organisation du travail jugée satisfaisante
86 % des agents sont satisfaits de l’aménagement des horaires de travail au sein de leur service d’affectation.
De même, 8 agents sur 10 indiquent que leurs horaires de travail sont tout à fait compatibles ou plutôt compatibles avec leurs contraintes personnelles et/ou familiales.
Des conditions matérielles qui répondent plutôt bien aux attentes des agents
Les trois quarts des agents estiment que leur poste est parfaitement ou globalement adapté à leurs besoins, néanmoins près d’un quart d’entre eux estiment que des améliorations sont à apporter.
Ainsi, les agents de la Courneuve sont globalement satisfaits des équipements présents sur le site :
- 67 % des agents sont satisfaits ou très satisfaits de l’équipement informatique ;
- 72 % des agents sont satisfaits ou très satisfaits de la luminosité des espaces de travail ;
- 72 % des agents sont satisfaits ou très satisfaits des espaces de pause ;
- 75 % des agents sont satisfaits ou très satisfaits du mobilier, des prises et de la connectique ;
- 75 % des agents sont satisfaits ou très satisfaits du niveau sonore dans les bureaux.
A noter toutefois que plusieurs agents indiquent qu’il existe, sur le site de La Courneuve, des problèmes thermiques persistants qui contribuent à la dégradation de leurs conditions de travail.
La situation ubuesque et chaotique des transports en commun
L’immense majorité des agents (à 94 %) déclarent utiliser les transports en commun pour se rendre au travail et, parmi eux, 86 % le RER B sur une partie ou la totalité de leur trajet. Toujours parmi ceux qui empruntent les transports publics, 6 agents sur 10 voyagent de manière fréquente et 4 sur 10 de façon plus irrégulière.
Si 47 % s’estiment satisfaits de l’offre de transport, celle-ci n’est pas satisfaisante ou reste à améliorer pour 53 % d’entre eux.
Interrogés sur la fréquence des incidents rencontrés dans les transports en commun lors des trajets domicile-travail, 59 % des agents répondent faire face fréquemment à des incidents et de graves dysfonctionnements, 29 % l’éprouvent de manière plus ponctuelle et 12 % y sont confrontés plus rarement. Les collègues qui rencontrent le plus de difficultés pendant leur trajet, de rames bondées, de pannes, d’incidents de circulation, de suspension de service et de retards en tout genre utilisent le RER B, au point que celui-ci est parfois qualifié de « RER de l’horreur » ; mais le bus, le métro ou d’autres lignes du RER sont également concernés.
Le trajet moyen des agents pour se rendre au travail est de 52 minutes mais en cas de difficultés, la durée du trajet peut être multipliée par 2 et même parfois par 3 !
Si les problèmes de transport pour se rendre à La Courneuve existent depuis de nombreuses années – nous alertions déjà l’administration en 2010 à ce sujet – la situation n’a guère évolué depuis et nos collègues en pâtissent toujours.
L’administration avait mis en place un dispositif spécifique en cas de problème de transport pour accorder, au cas par cas, des autorisations spéciales d’absences. Il est indispensable que les agents puissent effectivement bénéficier de ce dispositif lorsqu’ils font face à des retards importants ou bloquants liés à des incidents survenus dans les transports publics.
Des avis divergents sur le restaurant administratif
Les avis divergent cependant concernant le restaurant administratif : si 39 % des agents se déclarent satisfaits ou très satisfaits, l’offre proposée est jugée insuffisante ou très insuffisante pour 44 % d’entre eux.
Un quartier peu apprécié par les agents
Par ailleurs, les avis sont négatifs principalement en ce qui concerne les abords du site :
- pour 63 % des agents les services de proximité (crèches, commerces, services publics…) sont insuffisants ou très insuffisants ;
- pour 66 % les espaces verts autour du site sont insuffisants ou très insuffisants ;
- pour 53 % la sécurité aux abords du site laisse à désirer.
Une charge de travail considérée comme lourde ou excessive par la moitié des agents
Si pour la moitié des agents interrogés leur charge de travail est adaptée, à l’inverse un quart des répondants ont souligné que celle-ci est élevée et même très élevée pour un dernier quart d’entre eux.
La CFDT relève que des collègues ont indiqué avoir une charge de travail extrêmement lourde tandis que d’autres ont pointé une mauvaise organisation dans les services ou mis en avant une charge de travail inégalement répartie et nous ont fait part de leur souhait de voir l’organigramme de leur direction revu et adapté.
Un manque de souplesse dans l’utilisation du télétravail
Bien que 77 % des répondants exercent des tâches télétravaillables, ils ne sont que 48 % parmi eux à pouvoir bénéficier d’une journée de télétravail. Et bien que les personnels occupant un emploi « télétravaillable » souhaiteraient à 44 % effectuer 2 jours de télétravail, seulement la moitié d’entre eux ont effectivement obtenu cette possibilité.
En outre, il est symptomatique de constater que près de la moitié des agents interrogés déclarent avoir rencontré des difficultés dans la mise en place du télétravail.
Une opinion divisée sur l’équilibre entre vie privée et professionnelle
39 % des agents travaillant sur le site perçoivent l’équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle comme plutôt négatif ou très négatif alors que pour un tiers d’entre eux il est, à l’inverse, perçu comme plutôt positif ou très positif tandis que 28 % d’entre eux font état d’un équilibre neutre.
Une satisfaction binaire des conditions de travail qui se reflète dans le choix professionnel des agents pour leur avenir
50 % des agents se déclarent plutôt satisfaits ou tout à fait satisfaits de leurs conditions de travail à La Courneuve mais dans le même temps 42 % des personnels affectés sur le site jugent que leurs conditions de travail ne sont pas entièrement ou pas du tout satisfaisantes.
Et face à ce constat, les réactions sont assez partagées : si 43 % souhaitent rester à leur poste, 20 % veulent s’inscrire sur la Transparence centrale ou étranger, 20 % de plus souhaitent changer d’employeur tandis que 17 % ne savent pas encore ce qu’ils envisagent pour l’avenir.
Bilan de l’enquête : la CFDT-MAE tire la sonnette d’alarme et propose des solutions à mettre en œuvre !
Les réponses de nos collègues à notre enquête sur le site de La Courneuve font apparaitre plusieurs points noirs :
- de graves problèmes récurrents des transports en commun qui ont un impact sur la santé, la qualité de vie au travail et personnelle des agents ;
- des risques psychosociaux notables : charge de travail trop importante, répartition du travail inéquitable, tâches non prévues dans les missions des agents, souffrance au travail et pratiques relevant du management toxique voire du harcèlement ;
- un sentiment prégnant d’isolement et d’éloignement et même parfois de « mise au placard » ;
- la suppression à venir d’au moins un service, décidée en catimini, qui ne va certainement pas contribuer à rétablir la confiance des agents sur la place accordée à certaines de leurs missions.
La CFDT-MAE tire la sonnette d’alarme concernant la qualité de vie des agents travaillant à La Courneuve et demande à l’administration de mettre en place les mesures suivantes :
- l’octroi d’un crédit horaire de 30 minutes pour compenser les problèmes de desserte défaillante du site, de grande pénibilité d’utilisation au quotidien des transports en commun et de temps de trajet à rallonge (retards, conditions de voyage extrêmement difficiles, rames et quais bondés, pannes matérielles, incidents liés à la signalisation ou dus aux voyageurs, bagages abandonnés, grèves, accidents de circulation…) ;
- le bénéfice d’autorisations spéciales d’absence (ASA) pour les agents absents ou en retard dont le service des transports en commun est totalement arrêté ou momentanément interrompu (exemple des problèmes de circulation récurrents du RER B) ;
- une plus grande souplesse pour l’attribution et pour le nombre de jours de télétravail accordés aux agents qui en font la demande ;
- une attention plus soutenue de la Direction des ressources humaines envers les personnels travaillant sur le site ;
- des visites périodiques du site par la formation spécialisée d’administration centrale chargée d’évaluer les conditions de travail, de santé et de sécurité des agents ;
- la recherche d’un vecteur réglementaire (prime de fidélisation territoriale « Seine-Saint-Denis », complément de CIA…) permettant le versement d’une prime aux agents, l’administration ayant indiqué qu’il n’était plus possible de mettre en œuvre le dispositif de la prime de restructuration et de service, versée en 2009 aux agents de la Courneuve ;
- une meilleure communication sur la qualité du site en termes d’espace de travail et de confort pour inciter les services et les personnels qui le souhaitent à venir s’installer ;
- la mise en place d’une navette reliant le site de la Courneuve aux autres sites parisiens et franciliens ;
- la possibilité d’utiliser systématiquement la visioconférence pour participer à des réunions se situant sur les autres sites parisiens et franciliens.
Une image à transformer
En outre, au-delà de ces mesures, la CFDT-MAE souligne le déficit d’image du site de La Courneuve qui ne correspond pas à la situation réelle du site en termes de cadre de travail et ne valorise pas assez les agents, de tout grade et de tout statut, qui y travaillent, en particulier à la Direction des archives.
Être affecté(e) à la Courneuve n’est pas une punition
Et pourtant nombreux sont les collègues qui travaillent sur ce site depuis plusieurs années, s’y sentent à l’aise et souhaiteraient qu’il soit mieux valorisé par l’administration, notamment en mettant l’accent sur les avantages qu’il offre : espace et confort.
La CFDT-MAE milite pour une plus grande inclusion du site de La Courneuve et à faire prendre conscience à tous, que les services qui y sont installés ne doivent pas cesser d’être considérés comme une partie intégrante du Ministère, en raison de leur localisation au Centre des archives diplomatiques de La Courneuve.
















