A l’occasion de la première journée du comité social d’administration ministériel, le 11 décembre dernier, notre expert CFDT élu local en Inde a souhaité revenir sur le cadre salarial des agents de droit local du poste, en présence du Président du CSAM et du Directeur des ressources humaines.
- Une revalorisation des salaires bienvenue au titre de 2025
La CFDT-MAE remercie l’administration des efforts budgétaires consentis envers les collègues ADL en Inde et d’avoir notifié au poste un taux unique de revalorisation des salaires (exercice fusionné tenant compte de l’inflation et de la « compétitivité » des rémunérations versées), au titre de 2025, variant de 6,7 % pour les niveaux supérieurs à 11,4 % pour les niveaux inférieurs.
Une augmentation collective salariale néanmoins toute relative…
Avec une inflation estimée à 4,5 % en 2025 et en tenant compte de l’augmentation annuelle automatique de 0,8 %, l’effort supplémentaire, réellement consenti en 2025 par l’administration au titre du rattrapage du cadre salarial, aura donc été compris entre 1,4 % et 6,1% !
…Et largement insuffisante malgré les efforts consentis par le Département !
Malgré cette augmentation du cadre salarial accordée par le Département, force est de constater, en toute objectivité, que cette hausse n’est pas à la hauteur des écarts de rémunération constatés avec les autres ambassades. En effet, après 10 ans sans revalorisation salariale et en dépit de la volonté du poste en 2024 – et nous saluons son action – de s’attaquer enfin à ce problème, le décrochage reste grand.
- Une étude comparative indépendante et édifiante des salaires
Sollicitée par les représentants du personnel, l’ambassade a bien voulu prendre les conseils d’un cabinet spécialisé indépendant qui a mené une étude comparative des salaires versés aux agents de droit local (ADL) par douze ambassades européennes présentes à New Delhi.
Des conclusions défavorables et sans appel
Les conclusions de cette étude sont sans appel : les agents recrutés localement par l’ambassade de France sont aujourd’hui beaucoup moins bien rémunérés que leurs pairs des autres missions diplomatiques en Inde. En effet, notre ambassade fait partie du dernier tiers des ambassades qui paient le moins bien leurs recrutés locaux.
Ainsi, l’enquête a établi que les ADL employés par la France sont rémunérés 35 % de moins que la moyenne de ceux faisant partie de l’échantillon des douze ambassades européennes, avec un écart significatif proche de 50% pour les niveaux supérieurs du cadre salarial. Et encore, ce chiffre de 35 % est-il très certainement à majorer puisque de nouvelles revalorisations devraient être mises en place prochainement par plusieurs représentations diplomatiques.
Une grande déception, du désespoir et une profonde incompréhension des collègues ADL
Fait extrêmement rare dans un pays où la culture de la revendication sociale est peu répandue, les langues se sont déliées auprès de la hiérarchie locale pour exprimer leur grande déception face au manque d’attractivité de leurs salaires même révisés à la hausse. Les ADL ont ainsi interpelé les représentants du personnel en leur exprimant leur désespoir et leur profonde incompréhension face à cette situation.
- Le dialogue social doit se concrétiser par de réelles avancées pour les agents
Aujourd’hui, au-delà de la crise due à l’incompréhension des membres du personnel local face à la réponse budgétaire qui a été apportée par le Département, s’ajoute en plus une crise de confiance envers le poste quant à sa capacité à pouvoir régler la situation financière des agents. C’est la raison pour laquelle les représentants du personnel ont demandé l’organisation d’un CSAPE exceptionnel, le 18 novembre dernier, lors duquel ils ont sollicité une révision à la hausse de la revalorisation du cadre salarial, une demande légitime qui a dû parvenir par NDI à l’administration centrale.
La rémunération des agents de droit local ne doit pas servir de variable d’ajustement budgétaire
Notre organisation est bien consciente des difficultés budgétaires actuelles de la France – qui n’est toutefois pas une nouveauté en soi – mais nous estimons que celles-ci ne doivent pas servir de prétexte pour considérer la rémunération des ADL comme une variable d’ajustement des finances publiques. Au contraire, il nous apparaît nécessaire de briser ce carcan « perdant-perdant » en évitant d’ajouter de la déception et de la rancœur à une situation salariale que les agents locaux ressentent déjà comme une injustice sociale.
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Compte tenu de tous les éléments évoqués à l’appui de la révision du cadre salarial en Inde, la CFDT-MAE serait reconnaissante au Département de bien vouloir porter une attention toute particulière et bienveillante à cette demande de revalorisation.
